Bonjour Karim, j'ai découvert ton travail il y a maintenant plus de 7 ans... tu avais fait une lecture de ta réécriture du Cantique des Cantiques mêlée à une histoire d'amour contemporaine, ça m'avait bouleversée. Aujourd'hui ce thème revient dans ton nouveau recueil de poèmes "Hortus Conclusus" ou jardin clos. C'est ce qui nous a donné l'idée de parler de jardins.
Nous sommes en train de nous promener dans le jardin de Bagatelle, quel est ton rapport à cet endroit ?
Je me rappelle que j'étais venu ici, enfant, lorsque nous étions de passage à Paris, et garde le souvenir émerveillé de ce grand jardin, vaste qui me semblait abriter le monde entier. Pour moi, un jardin était une chose contenue et domestiquée, joli dans son périmètre. C'est bien sûr le cas ici aussi, mais c'est tellement grand qu'enfant je pensais que c'était infini. Et on s'émerveille facilement, enfant, de tout, des chemins de traverse, d'une pierre, d'une cachette derrière un arbre.
Aujourd'hui, dès que j'ai l'occasion, je reviens à Bagatelle, seul ou accompagné. Je me promène des heures si j'en ai l'occasion. Quand je suis en panne sur un texte, je viens ici. C'est un luxe extraordinaire. Le jardin change, se métamorphose, selon les saisons, et moi avec.
Que t'évoquent les noms de roses que nous avons découverts pendant notre promenade ?
Je ne me souviens plus des noms que nous avons vus dans cette immense roseraie — on dirait qu'il y avait toutes les variétés de roses de la terre ! — mais on a trouvé ça très drôle : certains étaient délicieusement inventifs, parfois super kitsch, carrément camp. J'adore imaginer qui est la personne qui a regardé telle ou telle rose, couleur, forme, et a dit : je vais t'appeler « Dancing Queen » ou « For Your Eyes Only ».



